Childhood III

Cascades ParrishChildhood III
Arthur Rimbaud, Translated By Louise Varèse

I

That idol, black eyes and yellow mop, without parents or court, nobler than Mexican and Flemish fables; his domain, insolent azure and verdure, runs over beaches called by the shipless waves, names ferociously Greek, Slav, Celt.

At the border of the forest – dream flowers tinkle, flash, and flare, – the girl with orange lips, knees crossed in the clear flood that gushes from the fields, nakedness shaded, traversed, dressed by rainbow, flora, sea.

Ladies who stroll on terraces adjacent to the sea; baby girls and giantesses, superb blacks in the verdigris moss, jewels upright on the rich ground of groves and little thawed gardens, – young mothers and big sisters with eyes full of pilgrimages, sultanas, princesses tyrannical of costume and carriage, little foreign misses and young ladies gently unhappy.

What boredom, the hour of the “dear body” and “dear heart.”

IIThe Glen Parrish

It is she, the little girl, dead behind the rosebushes.

– The young mamma, deceased, comes down the stoop. – The cousin’s carriage creaks on the sand. – The little brother (he is in India!) there, before the western sky in the meadow of pinks. The old men who have been buried upright in the rampart overgrown with gillyflowers.

Swarms of golden leaves surround the general’s house. They are in the south. – You follow the red road to reach the empty inn. The chateau is for sale; the shutters are coming off. The priest must have taken away the key of the church. Around the park the keepers’ cottages are uninhabited. The enclosures are so high that nothing can be seen but the rustling tree tops. Besides, there is nothing to be seen within.

The meadows go up to the hamlets without anvils or cocks. The sluice gate is open. O the Calvaries and the windmills of the desert, the islands and the haystacks!

Magic flowers droned. The slopes cradled him. Beasts of a fabulous elegance moved about. The clouds gathered over the high sea, formed of an eternity of hot tears.

III

In the woods there is a bird; his song stops you and makes you blush.

There is a clock that never strikes.

There is a hollow with a nest of white beasts.

There is a cathedral that goes down and a lake that goes up.

There is a little carriage abandoned in the copse or that goes running down the road beribboned.

There is a troupe of little actors in costume, glimpsed on the road through the border of the woods.

And then, when you are hungry and thirsty, there is someone who drives you away.

IVRiverbank in Autumn Parrish

I am the saint at prayer on the terrace like the peaceful beasts that graze down to the sea of Palestine.

I am the scholar of the dark armchair. Branches and rain hurl themselves at the windows of my library.

I am the pedestrian of the highroad by way of the dwarf woods; the roar of the sluices drowns my steps. I can see for a long time the melancholy wash of the setting sun.

I might well be the child abandoned on the jetty on its way to the high seas, the little farm boy following the lane, its forehead touching the sky.

The paths are rough. The hillocks are covered with broom. The air is motionless. How far away are the birds and the springs! It can only be the end of the world ahead.

V

Let them rent me this whitewashed tomb, at last, with cement lines in relief, – far down under ground.

I lean my elbows on the table, the lamp shines brightly on these newspapers I am fool enough to read again, these stupid books.

An enormous distance above my subterranean parlor, houses take root, fogs gather. The mud is red or black. Monstrous city, night without end!

Less high are the sewers. At the sides, nothing but the thickness of the globe. Chasms of azure, wells of fire perhaps. Perhaps it is on these levels that moons and comets meet, fables and seas.

In hours of bitterness, I imagine balls of sapphire, of metal. I am master of silence. Why should the semblance of an opening pale under one corner of the vault?

Dream Garden Parrish

Enfance

I

Cette idole, yeux noirs et crin jaune, sans parents ni cour, plus noble que la fable, mexicaine et flamande; son dormaine, azur et verdure insolents, court sur des plages nommées, par des vagues sans vaisseaux, de noms férocement grecs, slaves, celtiques.

A la lisière de la forêt, – les fleurs de rêve tintent, éclatent, éclairent, – la fille à lèvres d’orange, les genoux croisés dans le clair déluge qui sourd des prés, nudité qu’ombrent, traversent et habillent les arcs-en ciel, la flore, la mer.

Dames qui tournoient sur les terrasses voisines de la mer; enfantes et géantes, superbes noires dans la mousse vert-de-gris, bijoux debout sur le sol gras des bosquets et des jardinets dégelés – jeunes mères et grandes soeurs aux regards pleins de pèlerinages – sultanes, princesses de démarche et de costume tyranniques, petites étrangères et personnes doucement malheureuses.
Quel ennui, I’heure du “cher corps” et “cher coeur”.

IIThe Spirit of Transportation Parrish

C’est elle, la petite morte, derrière les rosiers. – La jeune maman trépassée descend le perron. – La calèche du cousin crie sur le sable. – Le petit frère – (il est aux Indes !) là, devant le couchant, sur le pré d’oeillets. – Les vieux qu’on a enterrés tout droits dans le rempart aux giroflées.

L’essaim des feuilles d’or entoure la maison du général. Ils sont dans le Midi. – On suit la route rouge pour arriver à l’auberge vide. Le château est à vendre; les persiennes sont détachées. – Le curé aura emporté la clef de l’église. – Autour du parc, les loges des gardes sont inhabitées. Les palissades sont si hautes qu’on ne voit que les cimes bruissantes. D’ailleurs il n’y a rien à voir là-dedans.

Les prés remontent aux hameaux sans coqs, sans enclumes. L’écluse est levée. ô les calvaires et les moulins du désert, les îles et les meules!

Des fleurs magiques bourdonnaient. Les talus le berçaient. Des bêtes d’une élégance fabuleuse circulaient. Les nuées s’amassaient sur la haute mer faite d’une éternité de chaudes larmes.

III

Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir.

Il y a une horloge qui ne sonne pas.

Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.

Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.

Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis, ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.

Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la lisère du bois.

Il y a enfin, quand l’on a faim et soif, quelqu’un qui vous chasse.

IVOLD WHITE BIRCH Parrish

Je suis le saint, en prière sur la terrasse,-comme les bêtes pacifiques paissent jusqu’à la mer de Palestine.

Je suis le savant au fauteuil sombre. Les branches et la pluie se jettent à la croisée de la bibliothèque.

Je suis le piéton de la grand’route par les bois nains; la rumeur des écluses couvre mes pas. Je vois longtemps la mélancolique lessive d’or du couchant.

Je serais bien l’enfant abandonné sur la jetée partie à la haute mer, le petit valet suivant l’allée dont le front touche le ciel.

Les sentiers sont âpres. Les monticules se couvrent de genêts. L’air est immobile. Que les oiseaux et les sources sont loin ! Ce ne peut être que la fin du monde, en avançant.

V

Qu’on me loue enfin ce tombeau, blanchi à la chaux avec les lignes du ciment en relief – très loin sous terre.

Je m’accoude à la table, la lampe éclaire très vivement ces journaux que je suis idiot de relire, ces livres sans intérêt.

A une distance énorme au-dessus de mon salon souterrain, les maisons s’implantent, les brumes s’assemblent. La boue est rouge ou noire. Ville monstrueuse, nuit sans fin!

Moins haut, sont des égouts. Aux côtés, rien que l’épaisseur du globe. Peut-être les gouffres d’azur, des puits de feu. C’est peut-être sur ces plans que se rencontrent lunes et comètes, mers et fables.

Aux heures d’amertume je m’imagine des boules de saphir, de métal. Je suis maître du silence. Pourquoi une apparence de soupirail blêmirait-elle au coin de la voûte?

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