Song In The Blood

BanksySong In The Blood
Jacques Prevert, translated by Lawrence Ferlinghetti

There are great puddles of blood on the world
where is it all going all this spilled blood
is it the earth that drinks it and gets drunk
funny kind of drunkography then
so wise… so monotonous…banksy Girl
No the earth doesn’t get drunk
the earth doesn’t turn askew
it pushes its little car regularly its four seasons
rain… snow
hail… fair weather…
never is it drunk
it’s with difficulty it permits itself from time to time
an unhappy little volcano
It turns, the earth
it turns with its trees… its gardens… its houses
it turns with its great pools of blood
and all living things turn with it and bleed…
It doesn’t give a damn
the earth
it turns and all living things set up a howl
It doesn’t give a damn
it turns
it doesn’t stop turning
and the blood doesn’t stop running…
Where’s is it going all this spilled blood
murder’s blood… war’s blood…
misery’s blood…
and the blood of men tortured in prisons…
and the blood of children calmly tortured by their papa and their mama…
and the blood of men whose heads bleed in padded cells
and the roofers blood
when the roofer slips and falls from the roof
And the blood that comes and flows and gushesBanksy Nola Red
with the newborn… with the new baby…
the mother cries… the baby cries…
the blood flows… the earth turns
the earth doesn’t stop turning
the blood doesn’t stop flowing
Where’s it going all this spilled blood
blood of the blackjacked… of the humiliated…
of the suicides… of firingsquad victims… of the condemned…
and the blood of those that die just like that… by accident
in the street a living being goes by
with all his blood inside
suddenly there he is dead
and all his blood outside
and other living beings make the blood disappear
they carry the body away
but it’s stubborn blood
and there where the dead one was
much later all black
a little blood still stretches…
coagulated blood
life’s rust body’s rust
blood curdled like milk
like milk when it turns
when it turns like the earth
like the earth that turns
with its milk… with its cows…
with its living… with its dead…
the earth that turns with its trees… with it’s living beings… with its houses…
the earth that turns with marriages…
burials…
shells…
regiments…
the earth that turns and turns and turns
with its great streams of blood.

Banksy NapalmChanson dans le sang
Jacques Prevert

Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s’en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alorsbanksy monalisa
si sage… si monotone…
Non la terre ne se saoule pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie… la neige…
le grêle… le beau temps…
jamais elle n’est ivre
c’est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan
Elle tourne la terre
elle tourne avec ses arbres… ses jardins… ses maisons…
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent…
Elle elle s’en fout
la terre
elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent à hurler
elle s’en fout
elle tourne
elle n’arrête pas de tourner
et le sang n’arrête pas de couler…
Où s’en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des meurtres… le sang des guerres…
le sang de la misère…
et le sang des hommes torturés dans les prisons…
le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman…
et le sang des hommes qui saignent de la tête
dans les cabanons…
et le sang du couvreur
quand le couvreur glisse et tombe du toit
Et le sang qui arrive et qui coule à grands flotsBanksy Police Child
avec le nouveau-né… avec l’enfant nouveau…
la mère qui crie… l’enfant pleure…
le sang coule… la terre tourne
la terre n’arrête pas de tourner
le sang n’arrête pas de couler
Où s’en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des matraqués… des humiliés…
des suicidés… des fusillés… des condamnés…
et le sang de ceux qui meurent comme ça… par accident.
Dans la rue passe un vivant
avec tout son sang dedans
soudain le voilà mort
et tout son sang est dehors
et les autres vivants font disparaître le sang
ils emportent le corps
mais il est têtu le sang
et là où était le mort
beaucoup plus tard tout noir
un peu de sang s’étale encore…
sang coagulé
rouille de la vie rouille des corps
sang caillé comme le lait
comme le lait quand il tourne
quand il tourne comme la terre
comme la terre qui tourne
avec son lait… avec ses vaches…
avec ses vivants… avec ses morts…
la terre qui tourne avec ses arbres… ses vivants… ses maisons…
la terre qui tourne avec les mariages…
les enterrements…
les coquillages…
les régiments…
la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang.

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